Troubles de la mémoire

Les troubles de la mémoire désignent des phénomènes d’altération du processus de mémorisation. Du simple oubli ponctuel et sans conséquence aux symptômes de la maladie d’Alzheimer, la gravité du trouble et ses conséquences peuvent fortement varier. Quand la mémoire, fonction stratégique du cerveau s’enraye, c’est toute la vie qui bascule… Stress, fatigue, choc traumatique, trouble cognitif, vieillissement… les raisons expliquant une perte de mémoire sont multiples. Comment identifier un trouble ? Quand s’inquiéter quand on a un « trou de mémoire » ? Quelles sont les habitudes à adopter pour conserver une bonne mémoire ? Au quotidien, il est possible de « muscler » sa mémoire grâce à une alimentation adaptée et des exercices simples.

Qu’appelle-t-on les troubles de la mémoire ? Définition et caractéristiques


La mémoire est une fonction capitale du cerveau, qui assure l’encodage, le stockage et la création de souvenirs. Mais il arrive que la mémoire nous fasse défaut.

Au moment de partir de chez vous pour vous rendre au travail, vous cherchez vos clés partout sans parvenir à vous rappeler de l’endroit où vous les avez rangées… Vous arrivez dans une pièce sans vous souvenir de la raison pour laquelle vous y êtes venus…Impossible de vous rappeler de l’endroit où vous avez croisé cette personne dont le visage vous ait pourtant si familier… Vous oubliez régulièrement le médicament que vous devez prendre à heure fixe… Dans le rythme effréné de la vie quotidienne, chacun d’entre nous est confronté à des petits « oublis ».

Le niveau de gravité d’un trouble de la mémoire peut fortement varier. Une perte de mémoire ponctuelle et sans conséquence due à la fatigue disparaîtra avec un peu de repos. À l’inverse, un trouble dégénératif du tissu cérébral lié au développement de la maladie d’Alzheimer, nécessite une prise en charge médicale et un protocole idoine. Si les oublis deviennent persistants, une consultation chez un médecin permettra d’établir un diagnostic.

À noter qu’il existe différents types de mémoires gérées par le cerveau :

  • La mémoire sensorielle : perception et enregistrement d’un stimulus visuel ou auditif perçu sur une durée comprise entre 300 et 500 millisecondes
  • La mémoire à court terme : aussi nommée « mémoire de travail » ou MT, elle permet de retenir une information pendant quelques secondes
  • La mémoire à long terme : constituée de souvenirs accumulés sur des années

Zoom sur le processus de mémorisation

Le mécanisme de la mémoire s’inscrit dans un système complexe, engageant de nombreuses structures cérébrales. Chaque information à mémoriser est ainsi traduite par les cellules nerveuses en signaux électriques ou influx nerveux, véhiculés par les synapses ou neuromédiateurs. Le bon fonctionnement de la mémoire dépend donc de l’intégrité des membranes composant les cellules nerveuses et de la capacité des cellules à synthétiser des neuromédiateurs. 

Avant de graver une information dans la mémoire à long terme, le processus de mémorisation s’articule en trois phases : 

  • L’entrée des informations : il s’agit de l’intégration de celles-ci via la répétition, des moyens mnémotechniques, l’expérimentation 
  • Le stockage des informations : l’organisation des informations reçues  
  • La restitution des informations : moment où la mémoire va rechercher l’information pour la délivrer et communiquer avec les autres 

Logé dans les lobes temporaux, au cœur de l’encéphale, l’hippocampe joue un rôle central dans le processus de mémorisation. Véritable carrefour des informations, cette aire cérébrale est également impliquée dans la navigation spatiale et l’inhibition. C’est également la première zone cérébrale dégradée par la maladie d’Alzheimer. Cela explique les troubles du comportement et les problèmes de désorientation auxquels sont confrontés les malades d’Alzheimer.  


Typologie des différents troubles de la mémoire

Il existe différents troubles de la mémoire, également appelés troubles mnésiques. Les manifestations, les symptômes et la durée de la perte de mémoire peuvent fortement varier. Selon le trouble diagnostiqué, la personne constate une incapacité, soit à mémoriser une information nouvelle, soit à se remémorer un souvenir, soit les deux en même temps.

Les principaux troubles de la mémoire :

  • L’amnésie rétrograde : le souvenir des faits anciens disparait de la mémoire.
  • L’amnésie antérograde : les faits récents ne s’enregistrent pas, les évènements sont oubliés au fur et à mesure, en revanche les souvenirs antérieurs à la maladie sont conservés.
  • L’amnésie lacunaire : sorte de « trou noir » se cantonnant à un temps donné. L’incapacité à se rappeler reste liée par exemple à une perte de connaissance, une crise d’épilepsie ou d’hystérie ou encore un ictus amnésique.

Touchant principalement les personnes âgées de 50 à 70 ans, l’ictus amnésique correspond à une perte de mémoire bénigne et transitoire. Survenant de manière isolée sans cause identifiée et sans signes annonciateurs, l’ictus amnésique ne laisse pas de séquelles. 

  • La paramnésie : impression illusoire d’avoir déjà vécu un évènement, il s’agit d’un défaut d’interprétation du cerveau souvent lié à un état de fatigue
  • L’hypermnésie : un ou une série de souvenirs revenant de manière obsessionnelle, et occupant une place disproportionnée. Difficultés à hiérarchiser les souvenirs par ordre d’importance
  • Trouble dégénératif du tissu cérébral : grave détérioration de la fonction de mémorisation liée à la dégénérescence du système neuronal. Il s’agit de l’un des symptômes de la maladie d’Alzheimer. Forme de démence, cette maladie liée à l’âge, survenant souvent après 65 ans, se traduit aussi par des troubles de l’orientation, des fonctions moteurs, du comportement.

Perte de mémoire : quelles sont les différentes causes possibles ?

Pour quelle raison, telle ou telle personne est touchée par un trouble de la mémoire ? Si la mémoire n’a pas encore livré tous ses mystères à la science, les chercheurs en neuropsychologie comme Francis Eustache ont réussi à discerner certains facteurs. La cause d’un trouble peut être d’origine physiologique, pathologique, traumatique ou liée à l’environnement de vie.


Les facteurs environnementaux

Le stress peut provoquer des oublis sans gravité comme un rendez-vous ou un évènement. Sous pression, sur sollicité par un flux d’informations incessant, le cerveau peut être trop accaparé ou préoccupé pour réaliser correctement le processus de mémorisation.

Francis Eustache, éminent neuropsychologue, s’est intéressé aux troubles bénins de la mémoire comme le fait d’oublier son trousseau de clés. Dans ce cas précis, un manque d’attention au moment de la phase d’encodage du souvenir est en cause. Préoccupé par autre chose, le cerveau est en déficit d’attention sur l’activité en cours. Ce manque de vigilance et de concentration peut aussi découler de la fatigue, impactant la mémoire.

Les pertes de mémoire peuvent aussi être un effet secondaire de la prise de médicaments comme les anxiolytiques et les somnifères.


Les facteurs physiologiques des problèmes de mémoire

Inéluctable, le vieillissement a un effet sur le système nerveux. Avec l’âge, on observe certaines modifications neurobiologiques comme la réduction du nombre de neurones corticaux, la raréfaction de la substance blanche et la diminution des neurotransmetteurs intracérébraux comme l’acétylcholine.

Conséquence : une réduction des performances mnésiques et un temps de réaction plus long. Cette réalité physiologique explique les pertes de mémoire plus fréquentes chez les seniors. Parallèlement, la maladie d’Alzheimer se développe d’abord chez les sujets d’un âge avancé (en général après 65 ans).

La survenue d’un accident vasculaire cérébral et les maladies cérébrales comme la maladie de Parkinson, la sclérose en plaques peuvent aussi s’accompagner de troubles de la mémoire avec des effets plus ou moins graves sur la santé.


Les facteurs traumatiques ou pathologiques

Il arrive qu’un choc émotionnel ou traumatique cause une perte de mémoire momentanée. Durant un accident de voiture par exemple, le stress émotionnel généré par la situation est d’une telle intensité que le cerveau peut « débrancher » la fonction mémorisation.

Une perte de mémoire peut aussi survenir après un choc émotionnel. C’est ce qu’on appelle une amnésie traumatique. Le bouleversement et l’effroi ressentis peuvent altérer la fonction mémoire sur une durée plus ou moins longue avec une restitution des souvenirs ponctuelle et parcellaire. Dans le cas d’un évènement particulièrement traumatisant, le cerveau active la fonction survie et fait volontairement « disjoncter » le circuit émotionnel.


L’impact des troubles de la mémoire sur la santé


Les troubles de la mémoire affectent le cours ordinaire de la vie. Rencontrer des difficultés à se rappeler des informations stratégiques ou importantes s’avère problématique dans le cadre professionnel, scolaire, mais aussi dans la vie sociale. Les relations aux autres peuvent se détériorer. Les troubles de la mémoire peuvent également complexifier l’exécution de gestes simples et atteindre les fonctions psychomotrices.


Troubles de la mémoire : perte d’autonomie et mise en danger

La mission « mémoire » du cerveau joue aussi un rôle déterminant pour le bon fonctionnement de l’organisme. Une mémoire défaillante – dans le cas de maladies dégénératives par exemple – occasionne une perte d’autonomie. Oubliant comment s’alimenter, se laver, prendre soin de soi, le malade n’est plus capable de vivre normalement.

Au stade avancé de la maladie, les patients peuvent se mettre physiquement en danger en traversant la route sans regarder ou en oubliant d’éteindre le gaz par exemple. Les patients atteints de maladies cérébrales affectant la mémoire comme Alzheimer ont besoin d’aide au quotidien.


L’effet psychologique : altération des relations sociales et dépression

Au travail, les oublis répétés peuvent avoir des conséquences sur la réalisation des tâches à accomplir et entraîner une baisse de la performance. Néanmoins, se reposer et ralentir le rythme suffisent en général à retrouver ses pleines capacités. Si un oubli ponctuel dû à la fatigue ou au stress reste souvent sans conséquence, une perte de mémoire progressive et irréversible a des conséquences désastreuses sur la vie sociale de la personne touchée par le trouble.

Quand la mémoire vacille, c’est toute une vie qui bascule… Entre l’incompréhension des inconnus et l’impuissance des proches, le tissu relationnel s’étiole et les relations aux autres se dégradent. Les malades d’Alzheimer font l’objet d’une prise en charge globale et pluridisciplinaire pour traiter l’ensemble des répercussions de la maladie sur la vie du patient.

Perdre la mémoire, oublier ses souvenirs, éloigne mécaniquement des autres, ce qui peut favoriser l’apparition d’un état dépressif.


Prévenir et traiter les troubles de la mémoire : toutes les solutions


Primordiale dans la vie quotidienne, la fonction « mémoire » du cerveau peut être optimisée par un mode de vie sain et équilibré, mais aussi par des entraînements cérébraux.


Soignez le sommeil et l’alimentation pour améliorer votre mémoire

Véritable tour de contrôle du corps humain, d’où partent toutes les décisions, le cerveau a besoin de nutriments appropriés pour bien fonctionner. Ainsi, l’alimentation doit subvenir à ses besoins grâce à l’apport d’éléments essentiels. Parallèlement à une hydratation suffisante, certains aliments sont idéals pour « stimuler » les fonctions cognitives, notamment la mémoire.

Les aliments aux vertus reconnues pour « booster » la mémoire :

  • la carotte : riche en bêta-carotène améliorant la mémoire verbale
  • la fraise : forte teneur en vitamine C, bénéfique aux capacités intellectuelles
  • le thé vert : réputé pour propriétés antivieillissement notamment sur le plan cérébral
  • les sardines : riches en Oméga 3, la consommation de ces petits poissons favorise la mémorisation de nouvelles données
  • le riz : pour la dose de sucres lents sans gluten qu’il apporte, essentielle pour les périodes nécessitant une forte concentration intellectuelle

Le sommeil joue un rôle clé dans la performance mémorielle du cerveau. Durant la nuit, le cerveau opère un tri méthodique des informations, organisant le stockage des souvenirs enregistrés pendant la journée. Un sommeil de qualité favorise une bonne mémoire.


Un muscle à entraîner

Comme un muscle, la mémoire peut aussi gagner en performance grâce à des exercices adaptés. L’activité intellectuelle permet d’entraîner la fonction de mémorisation. Plus les voies neuronales sont utilisées et stimulées, plus la mémorisation sera améliorée. Les exercices de logique avec des chiffres ou du vocabulaire constituent un excellent moyen de faire travailler sa mémoire.


Les plantes et actifs stimulant la mémorisation

Certaines plantes contiennent naturellement des actifs profitables pour la fonction cérébrale mémorielle. Les substances délivrées à l’organisme améliorent la concentration, stimulent les fonctions cognitives. Résultat : une meilleure mémoire au quotidien.

Deux plantes se distinguent pour leurs bienfaits sur l’activité cérébrale. Ainsi, le Ginkgo biloba est un végétal utilisé depuis l’Antiquité dans la médecine chinoise. En particulier ses feuilles, qui contiennent des flavonoïdes et des ginkgolides, actifs naturels intéressants pour la mémoire.

Aussi appelé « racine de vie », le ginseng est réputé pour ses vertus sur le cerveau, notamment par rapport à sa forte teneur en acides aminés essentiels et éléments minéraux. Deux alliés de taille pour stimuler le système nerveux, réduire le stress et augmenter l’énergie.